Je n'aurais peut être pas dû dire que je n'étais "pas au bout de mes peines ", en rentrant de ma "première promenade" ...
et dire que ça fait déjà une semaine !!!
Ce n'est pas, quand même , comme à mon arrivée ici, en février : pendant des semaines je n'avais pas pu écrire une ligne ... mais c'est quand même très délicat quand ça s'ajoute à la tension nerveuse que procure de vraies humiliations publiques ....
Je ne sais pas si la narration peut rendre compte de ce que j'ai vécu en cette fin d'après midi du jeudi 29 ... Les tourments , dits " publics " que je subis ici sont face à des gens qui sont dans cette mouvance BDSM , ils peuvent être sadiques , pervers , vicieux ... comme on voudra , mais on reste le plus souvent entre" initiés ", à visage découvert ...Je n'avais pas souvent vécu , quelque chose d'aussi cru ... du sans filtre ," sans hygiaphone "
Je m'en rends compte maintenant avec un peu de recul et ça me permet d'expliquer mon état lamentable au retour à la villa ... La foule , même modeste , a quelque chose de tellement anonyme, de si froidement impersonnel : vous l'exhibé , seul ! vous ne pouvez échapper aux regards ! ... à tous les regards ! Ils vous semblent brulants ! ils SONT brulants !! ...
Mais de l'autre côté , dans bien des cas , le nombre protège l'anonymat d'une majorité de voyeurs ...ils sont là tous près , à vous juger , vous ridiculiser, railler , éclabousser , parfois au sens propre ( à un moment alors qu'il fallait se serrer sur l'étroit trottoir en bordure de route traversant le village et que Charlise , Odile et moi croisions un petit groupe de jeunes gens , j'ai non seulement entendu des ricanements , des insultes , mais j'ai aussi senti deux crachats , sans force certes , ni précision ... mais très significatifs ... Dans la maison de la presse minuscule , on était un peu comme dans le métro, ou à la sortie d'un stade et certains en ont profité pour me picer les fesses m'insulter , me lancer des insultes dans l'oreille , à bout portant !!...mais vous n'identifiez pas à chaque fois une personne
Quand je me suis trouvé sous les regards de la boulangère , du jeune couple qui tient la maison de la presse , de jeunes dont certains nous connaissent Hannah et moi ... ne serait ce que par les caratéristiques professionnelles de mon ex Epouse ...ce fut chaque fois redoutable
Après ... ce sentiment de honte , insondable , poisseux m'a conduit " au bord de la crise de nerf ".......Et Odile en a bien rajouté ....prenant Charlise à témoin de mon manque de caractère , de mon peu de reconnaissance envers elles qui avaient été assez bonnes pour ... me sortir enfin de mon trou !!!
Charlise , dont je sentais combien progressivement , les remarques d'Odile faisaient mouche sur elle , finit par proposer que j'aille , " directement au cachot " ... c'est ainsi qu'elle désignait la double cage métalliquique..
-." Là au moins ton amour propre ne souffrira que modérément ! tu n'auras pas vraiment à affronter des moqueries , des rires, des quolibets ...
J'ai pensé et repensé au morceau de vers de la chanson de L. Ferré " Tout seul peut être , mais peinard ... " sauf que je n'avais plus le moindre soupçon d'innocence à mettre dans la balance .. et que la cage exigüe , inconfortable , dans laquelle je ne tenais qu'en chien de fusil, recroquevillé n'était en rien l'antichambre de la sérénité ...
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